Après la déroute infligée à l’UMP, les mairies pouvant basculer à gauche sont innombrables. A quelques jours du second tour, bast64 a
choisi s’intéresser à quelques symboles. Première cible – et non des moindres –, la mairie du XVIIème arrondissement de Paris, tenue depuis la nuit des temps par la droite et, depuis
2001, par… Françoise de Panafieu.
Reléguée à presque 100 000 voix de celui qu’elle qualifiait de tocard, Françoise mérite un sort à la Perben, tant son arrogance, sa prétention et son vide programmatique
("la gauche, c'est les impôts") sont sidérants. Il n’y a qu’à regarder le débat Delanoë-Panaf’ (partie "transports") retransmis hier par Canal pour constater la jalousie maladive qui l’anime. Face au bilan de Bertrand le Magnifique, son
manque d’expérience, sa maladresse et son manque d’autorité sont si criants que ses propres têtes de listes – à commencer par Goasguen – commencent à déblatérer à son sujet, alors que les urnes
ne sont pas encore pleines.
A quoi bon tirer sur l’ambulance ?, me direz-vous. La réponse est très simple. Certes, la réélection de Bertrand
semble acquise. Mais il manque encore un symbole. On pense bien sûr au basculement du Vème tibériste, du Ier ou même du VIème. Mais c’est bien évidemment dans le
XVIIème que la victoire serait plus belle.
Les raisons sont multiples. Historiquement, cela signifierait la fin d’un tabou selon lequel le
XVIIème ne serait pas gagnable. Tout comme le VIIème, le VIIIème, le XVème, le XVIème ou Neuilly, cet arrondissement ferait partie des fiefs
dévolus à la droite. Les 44,03 % péniblement rassemblés par Panafieu prouvent que ce temps est révolu.
Les conséquences (ou les causes ?) d’un
basculement du XVIIème à gauche seraient par ailleurs sociologiques : arrondissement tampon situé entre les riches XVIème et VIIIème (mais aussi Neuilly et
Levallois) et le populaire XVIIIème (ou encore Clichy et Saint-Ouen), le "17" est également l’un des plus peuplés, avec environ 160 000 habitants. Une victoire dans cet
arrondissement constituerait une véritable preuve de la capacité de rassemblement de Delanoë au-delà de la gauche.
Politiquement, enfin, la perte du
XVIIème par la droite serait un véritable symbole : l’échec de sa figure de proue, punie pour avoir conduit une campagne désastreuse. La chute de Françoise de Panafieu, adjointe
au maire de Paris entre 1980 et 2001 (de Chirac à Tibéri…), enterrerait définitivement le Paris-RPR, le Paris du clientélisme, le Paris des affaires, le Paris des passe-droits. Ce serait enfin
une juste récompense pour le formidable travail de terrain mené, notamment, par Annick Lepetit, qui a eu le mérite de faire confiance à l’ambition et la volonté de modernité des électeurs du
XVIIème.
Paris-Match ne s’y trompe pas (pour une fois), qui parle carrément de "bérézina" : "Françoise de Panafieu n'est même pas sûre d'être réélue dans son XVIIème : la
jospinienne Annick Lepetit a une petite chance de lui souffler sa place. Le coup de grâce pour une candidate martyre, qui recevait dimanche des textos de Laurent Boyer ou de François Fillon pour
la Sainte Françoise" (13/03/2008). C’est vrai : c’était sa fête !
Le Parisien non plus (qui n’écrit "pas que de la merde",
dixit Martinon) : "Dans le fief de Françoise de Panafieu, considéré comme l'un des bastions inexpugnables de la droite, la gauche y croit. Au premier tour, la tête de liste PS, la
députée Annick Lepetit, a dépassé les 36 % et peut espérer faire jeu égal avec Françoise de Panafieu (44 %) au second tour grâce au report de voix du MoDem, qui a fait 9 %. Le parti de
François Bayrou n'a donné aucune consigne de vote" (13/03/2008). La candidate du MoDem ne laisse néanmoins aucun doute quant à sa préférence.
L’ampleur
symbolique du triomphe promis à Delanoë passe ainsi par le XVIIème arrondissement. L’autorité, le caractère, la vision et la capacité de rassemblement du maire de Paris en seront
d’autant plus renforcés… autant de qualités pour faire un excellent Premier Secrétaire, vous ne trouvez pas ?
13 mars :
Tenue de deux réunions publiques ce soir aux deux extrémités du XVIIème arrondissement :
- Annick Lepetit anime une réunion au 28 rue Brochant à 19 heures 30
- Patrick Klugman, colistier, sera à
la Maison Moadon au 66 rue Laugier à 19 heures.
Les actuelles opérations de maintenance entraînent des problèmes de mise en page. La compagnie s'engage à résoudre ces désagréments "à terme", comme on dit à l'ENA.
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