La combativité de Ségolène a surpris un Sarkozy totalement passif
Hier soir, 25 millions de Français ont regardé le débat Royal-Sarko. Sarkozystes, royalistes ou indécistes, nous avons tous trouvé des raisons d'être satisfaits par cette joute tant attendue entre les deux prétendants à la Présidence de la République. En dépit des évidences, la presse complaisance relaie sans honte l'argumentaire du " Sarkozy serein " et de la " Ségolène agressive ". A croire qu'ils n'ont pas vu le même débat que nous...
La challengeuse et le favori
Les sondages donnent tous Sarkozy gagnant. Fort de ce constat, Ségolène Royal adopte la stratégie du blitz : à peine Sarko évoque-t-il la suppression des fonctionnaires qu'il se fait reprendre par une Ségolène indignée, à sa grande surprise. Le tempo est lancé : Ségo ne laissera rien passer. Tout miel dans son intro, Sarko s'enferme dans un rôle d'innocent qui lui va à peu près aussi bien qu'un costume XL.
Condamné à jouer le jeu du zen, Sarko se met sur la défensive dès la première attaque de Ségolène. Certain d'avoir trop à perdre en cas d'incident, le favori des instituts de sondages se cantonne à une attitude passive qui ne lui ressemble pas. Même quand il joue les victimes, " la larme à l'oeil ", ça ne fonctionne plus. Le rouleau compresseur est roulé, compressé.
" T'en veux encore ? "
Où est passé Sarkozy ?
Mais qu'est-il arrivé à Monsieur Sarkozy ? Incapable de répondre sur les fonctionnaires qu'il comptait supprimer, à côté de son sujet sur le nucléaire, flou sur la promesse de baisse des PO de 4 points de PIB, fuyant le regard de Ségolène, excessivement buté sur la Turquie, mal à l'aise avec ses fiches... Nicolas Sarkozy doit regretter d'avoir laissé Ségolène Royal lui manger le micro.
Il pensait qu'il n'aurait qu'à sortir sa vulgate poujado-sécuritaire pour balayer Royal. Mais d'emblée, il s'est fait reprendre sur son bilan au ministère de l'Intérieur, sur les retraites, sur la croissance, sur l'éducation... Contraint de se creuser la tête pour ne pas apparaître ridicule, Sarkozy a indubitablement été surpris par la combativité de son adversaire.
Preuve en est les seules réponses minables qu'il a pu bafouiller : " Il faut être calme pour être Présidente ... vous vous énervez ... vous sortez de vos gonds ... ne soyez pas agressive ", bla-bla-bla. Autant de remarques condescendantes visant à réveiller les stéréotypes ayant pesé pendant des siècles sur les femmes. Mais rien sur le fond, bien que les accusations soient à la fois graves et fondées.
Surpris par le changement de terrain, le sarkoshow a connu des ratées
Du flan à l'harissa
Evidemment, il ne suffit pas de tirer profit d'une bonne performance dans le débat d'entre deux tours pour gagner les élections. Pourtant, de nombreux indécis ont pu voir toute la différence qui existait entre le flan-flou sarkozyste et le piment Ségolène. La volonté de débattre, l'absence d'erreur et la conviction et l'audace affichées par la candidate auront certainement séduit une bonne partie des indécis. La sérénité surjouée d'un Sarkozy méconnaissable et désemparé fait à côté bien pâle figure.
Maintenant, il reste trois questions. Bien évidemment, celle du résultat final : qui sera élu(e) et avec quel écart ? Deuxième question : après avoir repris la main entre les deux tours (Bayrou, Charléty, débat), Ségolène disposera-t-elle de la dynamique suffisante pour renverser la logique arithmétique du premier tour ? Enfin, après l'ouverture affichée hier soir par Ségolène (sur le surplus de croissance allant à la dette, sur la taxe professionnelle, etc.), que va dire Monsieur Bayrou ? Plus que jamais, sa prise de position comptera. Réponse dans la journée.
Les actuelles opérations de maintenance entraînent des problèmes de mise en page. La compagnie s'engage à résoudre ces désagréments "à terme", comme on dit à l'ENA.
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